samedi 26 décembre 2015

Mon avis sur : Vice-Versa

Vice-Versa – Inside Out (2015)
par le Studio Pixar.


Avant de commencer, j'aimerais dire que ça m'a fait extrêmement plaisir quand j'ai appris que Pixar allait nous présenter une nouvelle licence. Dernièrement, ils avaient eu tendance à nous sortir des suites, et non pas qu'elles aient été honteuses, Toy Story 3 était magnifique par exemple, mais... J'ai tendance à plus apprécier la fraîcheur. Cette fois, ils accouchent une idée totalement nouvelle et prennent un point de vue différent - quoiqu'étant un aboutissement logique -, sur leur idée fixe, reprise dans la majorité de leur filmographie : émerveillement de l'enfance et sa quête vers l'âge adulte.

Ce n'était pas vraiment un hasard si leur premier film parlait de jouets animés par l'imagination d'un jeune garçon. Quelque part, on ressent que cette idée les aura marqué, et dans la plupart de leurs scenarii ce concept est ré-étudié selon un angle différent, ou du moins, un contexte distinct (peut-être un peu moins dans 1001 pattes, et encore). Monstres et Co, n'est rien d'autre que la visualisation des peurs enfantines, Le Monde de Nemo, la quête initiatique d'un jeune poisson clown, même Les Indestructibles et Wall-E sont construits sur et par l'évolution de leurs personnages immatures, respectivement les enfants de la famille, et Wall-E lui-même, qui développe sa conscience. Je ne parle même pas de Brave...!
Cet aspect posé, le postulat initial de Vice-versa ne peut apparaître que comme un aboutissement logique pour un studio qui depuis sa création n'a cherché qu'à une chose : rentrer dans la tête pleine de couleurs et de jeux de nos bambins. Quoi de mieux que de le faire explicitement ?

Petit aparté, parvenir à un aboutissement, suscite nécessairement quelques questions. La plus logique d'entre elles étant : « Et maintenant, quoi ? ». Je sais qu'ils ont en chantier des suites pour les Indestructibles, Cars, et surtout pour le Monde de Nemo, avec Dori en personnage principal. J'espère seulement que ça n'atténuera pas leur potentiel créatif.

Ceci mit au point, le film lui-même. Déjà chose évidente...
QU'EST-CE QUE C'EST BEAU (insérez ici l'expression argotique de votre choix).
Ça ne surprendra pas grand monde, Pixar a toujours été à la pointe. Je ne souviens encore alors qu'ils avaient présenté leur moteur graphique pour Monstres et Co, la gestion des poils avait ébahi son monde. Mais là. Piouw. Splendide travail sur les lumières et couleurs. Essayez surtout de bien repérer l'emploi de ces dernières, c'est particulièrement important, tant leur signification est au premier plan du film. Très bien pensé.

On aura assez vite fait de dire que le scénario est simple. Soit. Le mot « simple » est-il péjoratif ? « Simple » est différent de « simpliste ». Une histoire simple sera intéressante si la narration est bien conçue. Et c'est le cas !
Pour revenir rapidement sur l'hypothèse de départ :
Chaque être vivant est régi par cinq émotions distinctes, la Joie en jaune, la Tristesse en bleu, le Dégoût en vert, la Colère en rouge et enfin la Peur en rose. Bien d'accord... Mais, à ceci près que ces émotions sont en vérité des êtres à part entière, doués de personnalité et qui régissent le fonctionnement de chacun grâce à un panneau de commande. Bon, ça c'est posé.
On suit donc l'équipe aux commandes de Riley, fille d'une dizaine d'années, qui va subir son premier traumatisme : un déménagement qui va lui faire perdre tous ses repères.


Le film propose une analyse du pourquoi des sautes de comportement. Et pour moi cette logique fonctionne parfaitement. J'y ai retrouvé un petit côté Il était une fois la vie dans la personnification des mécanismes cérébraux. La seconde lecture éducative n'est pas désagréable du tout, loin de là. D'autant plus que les petits détails superflus n'apparaissent que dans une couche facultative, ils ne sont pas explicitement présentés, au spectateur le choix de s'y intéresser. Pas de pédagogie forcée et lourde, hein Arrietty?

Autre chose que j'ai beaucoup aimée, c'est la gestion des sautes de ton, entre joie et tristesse. Quel hasard, hein, lorsque l'on sait que ce sont les deux personnages principaux. Ainsi, on a une expérience doublée. Non seulement, la petite réagit à ces deux stimuli, mais le film ne les fait ressentir simultanément... Comme une preuve de la logique et de la justesse du postulat de départ. Les petits malins de Pixar nous font vivre l'expérience de leur idée, pour nous faire conclure à leur logique. Elle a fonctionné sur nous après tout ! Très malin, les gars !
Mais pour en revenir au changement de ton, c'est quelque chose d'assez difficile à réaliser, mais quand ça marche, c'est très satisfaisant pour le spectateur. On se sent impliqué émotionnellement. Dans un film qui veut créer une allégorie de celles-ci... On ne peut pas affirmer que c'est donc une réussite ?

Au final, si vraiment, je devais trouver un défaut à ce film (qui est mon préféré depuis Wall-E), ce serait un passage un peu à vide vers le début de la première moitié du film. Il y a comme un creux. Mais vraiment rien de grave. Ce qui est important de savoir, c'est qu'il est une sincère réussite, ça fait d'autant plus plaisir qu'il s'agit d'une nouvelle licence venant d'un studio qui tend à multiplier les suites. Une super nouvelle à mes yeux !

samedi 12 décembre 2015

Le Marathon Horrifique (20)

de John Carpenter.

Carpenter. Voilà un monsieur que je commence à connaître ! Et que décidément, en un mois, j'ai appris à apprécier. 
Ce film, c'est tout lui. On en reconnaît l'ambiance, la mise en scène, et... Au risque de me répéter, on sent définitivement l'amour de celui-ci pour la littérature de genre. Stephen King, sans doute (à vrai dire je ne suis pas fin connaisseur), Lovecraft à coup sûr (pour lui je le suis déjà plus).

À ce titre, on retrouve une thématique assez similaire à celle de The Fog : un groupe de personnes, ici des savants, confronté à une situation inéluctable, dont il ne savait rien. On a, un double paradoxe, car ni les scientifiques, ni le clergé n'est à même d'expliquer le phénomène, et tous deux découvrent une vérité qui bouleverse ce qu'ils pensaient pour acquis. Typiquement lovecraftien !
Non seulement dans ses enjeux, mais dans sa trame narrative, Prince of Darkness se parallélise à The Fog. On retrouve le même déroulement lancinant, les personnes à la fois séduits et angoissés par un sarcophage de verre, aux teintes verdâtres tournoyantes. Jusqu'à l'élément perturbateur qui définitivement, les poussera à fuir pour leur vie. Puis finalement, cette conclusion ouverte.

J'ai cependant moins adhéré à celui-ci.
Sans doute à cause du jargon pseudo-scientifique employé au milieu du film. Il m'a beaucoup fait penser à ces explications idiotes que l'on peut retrouver dans les séries de science-fiction : « C'est parce que le positronneur à ultra bande a rebondi contre leur bouclier déflecteur à zirconium 21 que l'espace-temps a été altéré ! ». Mais c'est bien sûr ! Non, vraiment... Ça, c'était de trop. Et d'un côté, peut-être était-ce justement un hommage aux vieux Star Trek ?
J'ai moins été intrigué par la chose. J'ai revécu quelques scènes de The Thing, avec un impact moindre. Il m'a manqué un beau plan iconique.

Ma conclusion est que le film pèche par un milieu plutôt médiocre, après une introduction pourtant très intéressant, et avant une conclusion contenant une scène que j'ai trouvée très réussie. Le coup du miroir... Intervient un peu trop tard pour moi. On m'avait déjà sorti du film à ce moment, difficile d'y rentrer entièrement de nouveau. Dommage.

vendredi 11 décembre 2015

Le Marathon Horrifique (19)

It Follows (2014)
de David Robert Mitchell.

Il y a quelques années, je me souviens d'un film, qui aurait pu être sous-titré « une métaphore à la subtilité toute relative ». Je m'étais fait cette réflexion après le visionnage de District 9 de Neill Blomkamp, qui posait une version alternative de l'apartheid. Ici, on aurait plutôt une analogie de ce qui serait les péripéties d'une bonne saleté de MST, sur fond découverte de la vie sexuelle chez de jeunes adultes.
Et si je dis « subtilité toute relative », c'est que l'on tombe parfois dans le docu' potentiellement diffusé dans les collèges, tant les situations peuvent être commodes, pour ne pas dire réductrices. Et soit-dit en passant, je trouve la morale assez dure à avaler. Le personnage principal apparaît comme non seulement insipide, mais surtout d'un égoïsme ainsi qu'une immoralité certains. Je passe même sur le pauv'gosse friendzoné depuis des lustres dont le seul objectif de motoculter la donzelle, l'a fait retomber au stade larvaire. La scène finale parvient à engendrer un malaise plus profond que l'intégralité du film, je ne suis pas convaincu que ç'ait été l'effet recherché, malheureusement.

En dehors d'une réflexion et moralité discutables, le film se veut d'horreur, tout de même... Auquel je reproche le sempiternel problème du pourquoi tout ceci ? Quelle est la signification du surnaturel. Quand celle-ci existe, elle est bâclée, comme dans Insidious ou The Conjuring, mais là, c'est encore pire : elle est purement inexistante. L'esprit ne semble avoir aucun objectif défini. Ni spécifiquement de personnalité ou de logique. Il suit inlassablement la dernière personne à avoir copulé avec la précédente. Comme ça.
Alors oui, dans le sens de la métaphore, quelque part, c'est à propos, car une maladie est, point. Elle vit, se développe, et voilà. Elle n'a pas de forme de pensée ou de réflexion, elle se propage, un point c'est point. Mais lorsque l'on personnifie une entité, pour s'arrêter à son apparence ? Quelle est l'intérêt de la personnification en ce cas ?
Je trouve le film totalement vain, en ce sens. Et je ne dis pas que la chose n'engendre pas de tension, car le postulat de départ, ma foi, pourquoi pas ! Sauf que. Il manque d'élément perturbateur dans la trame. Là, on reste dans l'inertie posée après la première relation sexuelle.

En bonus spécial, il y a quelques choix que j'ai du mal à comprendre :
  • Pourquoi ne pas avoir utilisé un peu plus ce Hugh ? Le fait que ce soit le gros salopard de l'histoire était intéressant, et ça aurait pu être un moteur pour entrevoir le pourquoi.
  • Deux personnages sont rigoureusement inutiles. La sœur et l'amie d'enfance. Elles ne servent à rien du tout, à aucun moment.
  • La séquence de la piscine est ridicule. Elle n'a aucune logique. Est amenée de façon, cliché, se résout de façon cliché (l'orage, vraiment?), et se paie le luxe d'être stupide. Vous n'avez vraiment pas à un seul instant pensé à la peinture les mecs ?

J'en vois un film à l'image de son héroïne. Insipide.
Ainsi qu'une métaphore qui n'a rien de brillant.

jeudi 10 décembre 2015

Le Marathon Horrifique (18)

Evil Dead (2013)
de Fede Alvarez.

Le remake du premier film de Sam Raimi.
Amusant de noter qu'il s'agit donc du second remake, mais d'un réalisateur différent, cette fois. Amusant aussi que les deux changements de ton opérés sont opposés. Evil Dead plutôt vers la comédie, tandis que ce remake de 2013 tend vers le premier degré et l'horreur bien poisseuse.

On abandonne les années 80, pour une toile de fond plus « mature » (?) et moderne. Cette fois, le motif de la venue dans cette même cabane perdue dans les bois est tout autre que récréatif : il faut sevrer la jeune sœur du héros, Mia. Le film sera ainsi une allégorie de la dépendance, manifestement à la cocaïne, ou l'héroïne, mais cela importe peu.
Tout le cheminement du film mènera à une double rédemption. D'abord celle du frère, qui acceptera enfin sa responsabilité après avoir abandonné sa famille, puis de la sœur, qui réussira à s'en tirer. Le surnaturel pouvant être interprété comme les hallucinations provoquées par une junkie en manque.
J'ai trouvé la métaphore plutôt pertinente pour légitimer l'intrigue.

Le film en lui-même reprend en majeure partie la trame de l'original, en plus de lui faire de nombreux clins d’œil, ainsi, Mia apparaît assise sur la vieille oldsmobile. Autrement, on retrouve les mêmes éléments perturbateurs, qui surgissent dans le même ordre défini. Le souci étant qu'évidemment, ça casse le suspens pour ceux qui connaissent le premier film... Les autres y verront un hommage bienvenu.
En revanche, deux modifications majeures sont apportées. Déjà, le « livre » prend une place bien plus importante dans la narration. Il pose le principe de destinée qui est absente du matériau d'origine... Et apporte une fin élargie, vers ce qui sera une suite, normalement.
  • Petit aparté. Je m'interroge sur la possibilité de faire un remake d'Evil Dead 2, qui est déjà un remake du 1. Je suppose que cette suite de 2013 prendrait un chemin différent de la trilogie de Sam Raimi, pour cette fois une lecture plus personnelle. Pourquoi pas.
Le second changement vient du ton employé. En 81, on ne savait pas vraiment sur quel pied danser, même si l'on sentait que Raimi ne se prenait pas franchement au sérieux. Cette fois, il en va autrement. Au revoir second degré.
Il en ressort un travail sur les couleurs que j'ai trouvé très intéressant. Une ambiance très dé-saturée... Et poisseuse, qui donne un côté morbide et malsain, rappelant les corps en décomposition. Pour un final contrastant largement avec le reste du film, riche en couleur et en contraste, plutôt fascinant.

Seulement, ce remake n'est pas exempt de défauts.
Et déjà, comme souvent, il souffre d'une écriture de personnage qui n'a rien d'incroyable. David, le personnage principal, est sans profondeur. En plus d'être joué assez mollement. Difficile de s'y attacher. J'ai trouvé Eric, sorte de prof-hippie, bien trop décalé, presque hors-sujet, ce qui donne une impression plutôt étrange.
De plus, j'ai trouvé certains choix scénaristiques tirés par les cheveux, entre les derniers survivants plus coriaces qu'un antagoniste de slashers, ou les deus ex machina salvateurs... On a du mal à s'approprier la chose. Autant ça ne posait aucun problème dans l'Evil Dead de 81, autant, cette fois, à cause du changement de ton... On en revient à ce récurrent souci de cohérence.

J'en retiens un film imparfait par certains points, mais qui est loin d'être indigeste. Notamment dans son rapport à l'image. Il est « beau » dans l'immonde. Il est intéressant dans sa double lecture, mais incohérent dans sa trame. Je ne suis pas convaincu qu'il ait été une bonne idée d'ajouter du « pulp » au « sadisme ».

mercredi 9 décembre 2015

Le Marathon Horrifique (17)

FogThe Fog (1980)
de John Carpenter.

Un film qui, à sa sortie, n'a pas eu grand succès, et dont Carpenter serait déçu.
Vraiment ?! Mais pourquoi ?

J'avais déjà parlé, après visionnage de l'Antre de la Folie, de l'intérêt que Carpenter semblait susciter envers Lovecraft. Et bien, c'était déjà plus que lisible à l'époque. On retrouve cet aspect contemplatif que l'on ressent à la lecture des nouvelles, de protagonistes qui n'ont aucun prise sur les événements dont ils ne sont en réalité que témoins. De l'impuissance de l'Homme face à des forces qui les dépassent. Et, autre point, des descendants qui se retrouvent liés par le destin aux actes de leurs aïeux. Qui devront en porter la responsabilité, celle d'une vengeance irrépressible.

Ces points sont symbolisés par la brume... Fascinante et terrifiante à la fois, qui flotte dans une nuit autrement paisible. Il est vraiment intéressant de noter comment Carpenter a posé cette curiosité pour le surnaturel. À chaque instant, les protagonistes tentent de s'en approcher, tout en la fuyant à la fois. Et cette opératrice de radio qui, séduite, suivra sa progression jusqu'à oublier quel danger, elle-même court.
Le véritable héros est ce brouillard, mystique, mis en scène de la plus belle des manières, dans une ambiance sépulcrale, portée par une merveilleuse bande originale. Une atmosphère angoissante et languissante qui met en évidence un constant simple : la fuite est absurde que futile. L'Homme doit payer sa dette.
Pour amener une fin, comme cotonneuse. Alors que le soleil se lève et que les survivants prennent conscience de fragilité. De leur méconnaissance de sorts qu'ils préfèrent ne pas comprendre.


Il s'agit d'un film qui illustre parfaitement l'importance de créer un contexte pour ancrer le surnaturel dans l'imaginaire du spectateur. Le but n'est non pas d'expliquer, au contraire, il faut faire demeurer le mystère, mais de les impliquer émotionnellement. Ce que réussit parfaitement The Fog.

mardi 8 décembre 2015

Le Marathon Horrifique (16)

de Sam Raimi.

Il s'agit du dernier épisode de la trilogie « Dead Evil ». Mais est-ce seulement une trilogie ? Le second est à la fois une suite et un remake du premier, tout comme l'est le troisième pour le second, dans une moindre mesure, certes. Mais ce qui est certain, c'est que l'on a la même progression de ton d'un épisode à l'autre.

Le premier Evil Dead était horrifique, avec une couche sous-jacente d'autodérision et de second degré. Le Second, une relecture du premier, et surtout un très subtil mélange entre l'humour et l'horreur. La scène où Ash part dans un fou-rire dément est une bonne analogie du ressenti du spectateur. Rit-on parce que c'est effectivement drôle, ou par malaise devant l'horreur et le délire ? Le Troisième met totalement de côté l'horreur pour tourner à la totale comédie. Et tout comme dans l'épisode précédent, ce changement de ton, emporte aussi une modification de la personnalité d'Ash, pour un héros bien plus stéréotypé « badass-années 80 », à la Commando / Predator.

Et là, où le remake avait fait mouche chez moi... Le troisième me perd malheureusement dans la facilité des scènes comiques. Non pas qu'il n'y avait pas d'humour léger dans le second, mais j'ai tendance à trouvé qu'il était mieux amené. Et que surtout, il y avait aussi des coups de génie en contrepartie. En plus de ça, peut-être trop d'éléments redondants, de l'un à l'autre.
Il me semble le mélange de ton moins réussi dans celui-ci. D'une certaine manière, ça n'a rien de particulièrement surprenant. Réussir un dosage équilibré entre deux notions si tranchées (et opposées) que l'angoisse et l'humour... Ça n'a rien d'évident. Faire deux fois de suite carton plein ? Improbable.

Ça ne fait pas d'Army of Darkness un mauvais film, loin de là. Juste un divertissement, moins intéressant que son fantastique aîné.

lundi 7 décembre 2015

Le Marathon Horrifique (15)

de John Carpenter.

Je crois que là, je ne suis plus dans la problématique de l'appréciation ou pas d'un film, pour sa qualité distractive. À mon sens, celui-ci a trop vieilli pour que l'on puisse l'apprécier de lui-même, le média a bien trop évolué... Et en partie, grâce à lui justement !
Car il est un peu l'inventeur d'un genre filmique, les Slashers. Aussi, j'estime plutôt injuste de le comparer à ce qui n'est, finalement, que ses rejetons.

Ce n'est absolument pas par fainéantise, mais tout ce que je ferai, consistera à le conseiller dans trois optiques :
  • Si vous êtes un fan inconditionnel des Slashers
  • Si vous repassez toute la filmo' de Carpenter
  • Si vous voulez connaître la genèse du genre

Autrement, je ne suis pas certain que vous passiez un « grand » moment de cinéma. Je ne doute absolument du caractère « culte » de celui-ci, mais... Vraiment, il a vieilli.

dimanche 6 décembre 2015

La Marathon Horrifique (14)

[Rec]² (2009)
de Jaume Balaguero et Placo Plaza.

Cette suite a une structure très similaire à son aîné et souffre ainsi des mêmes défauts / dispose des mêmes qualités. Respectivement, une écriture assez légère, pour ne pas dire plutôt médiocre par moment (en particulier des personnages, sans rire, ils sont tous exaspérants, inutiles ou un subtil mélange des deux), et d'une réalisation originale.

Si j'avais déjà eu du mal avec le premier épisode... Celui-ci, rate chez moi, d'autant plus ce qu'il entreprend à cause de fois de trame qui sont loin de me satisfaire, ainsi qu'un bien trop grand nombre d'incohérences qui viennent ternir un concept se voulant semi-réaliste (rien que de par le ton employé et sa réalisation caméra à l'épaule).

Tout d'abord, j'aimerais émettre un avis sur le choix de reprendre l'histoire juste là où elle s'était arrêtée. Alors qu'une d'une part, il pose quelques difficultés à la lecture pour ceux qui n'auraient pas vu son aîné. Mais d'autre part, j'aurais tendance à y voir une certaine facilité dans la narration. Il aurait été intéressant d'obtenir des informations en amont sur ce qu'il s'était passé pendant les événements du premier. Les éclairages scénaristiques surgissent de nulle part, grâce au personnage, franchement antipathique, du prêtre. On obtient une scène assez hallucinée, et sur-jouée.
Ensuite, j'ai de grandes difficultés à saisir l'intérêt de la trame alternative avec les enfants. Qu'on soit clairs : elle n'apporte rigoureusement rien au film. Si ce n'est l'envie de distribuer des claques à des personnes supplémentaires. En plus de ça, sa résolution est d'une simplicité... Pof, on les oublie dans leur salle de bain. Okay.
Et c'est juste au moment du fabuleux Deus Ex Machina. Bonjour personnage de [Rec]1 qu'on ne s'attendait ab-so-lu-ment pas à voir. De quoi me faire lever un sourcil interrogateur.

Quant aux incohérences, elles sont si pléthoriques que je ne m'amuserais évidemment pas à lister toutes celles que j'ai relevées. Au nombre de celle-ci, la technicité du groupe d'intervention, totalement aberrante d'amateurisme. Bon, soit, ils font face à une situation pour le moins exceptionnelle, mais vraiment... « on va se séparer » ? Entre autre hein !
J'ai aussi toujours ce souci avec « filmer quoiqu'il arrive ». Pour ce groupe. Soit. Ils sont entraînés à suivre les ordres. En ce qui concernait les journalistes... À la rigueur. Mais quelle est l'excuse pour les gamins geignards ? Hm ? Et pourquoi la « deux es machina » se pointe avec la sienne de caméra ? Où sont la logique et la crédibilité là-dedans ?
Et là, je ne fais que citer deux de ces incohérences... Mais il y en tellement ! Il me semble que tout cela rentre bien trop en conflit avec le ton sérieux du film, et gâche de beaucoup l'expérience.


Il en ressort pour moi une suite dispensable à un film qui se concluait correctement. Et pire, puisqu'elle se paie le luxe de laisser le spectateur exactement au même point que dans le premier.  

samedi 5 décembre 2015

Le Marathon Horrifique (13)

Sinister (2012)
de Scott Derrickson.

On y a une hypothèse de départ assez similaire à bon nombre de films : un couple, avec de jeunes enfants, emménage dans une maison ayant un certain passif. Quatre personnes d'une famille pendues à une même branche d'arbre. Bof la routine aux US quoi.
Vous pensez que je vais encore vous faire le coup de la vile lassitude ? Que nenni ! Pour la simplement et bonne raison que cette fois, tout est expliqué, et le pourquoi de la situation est non seulement crédible, mais aussi très intéressant... La chose a été décidée par le père, celui-ci en était parfaitement au courant. Il souhaite s’imprégner du lieu pour écrire sur cette abominable histoire.

L'écriture de ce personnage est certainement le principal atout du film. Un homme qui, des années auparavant, fut mis sur le devant de la scène grâce à son unique bestseller... Mais qui n'a jamais pu rebondir. Il vit depuis dans le regret de cette époque dont il visionne régulièrement les moments de gloire.
On suivra petit à petit sa descente vers la profonde terreur, alors qu'il recueille toujours davantage d'informations sur les meurtres sordides dont il souhaite se servir pour écrire son nouveau succès commercial.

L'autre force du film repose sur ce dont j'avais déjà parlé lors de mon retour sur The Conjuring et Insidious : le support de l'angoisse, le contexte. Si l'introduction est classique, au moins le film sait gérer sa progression vers l'horreur... Elle est amenée insidieusement, comme s'infiltre la peur dans le crâne du protagoniste. Si bien que tout du long, on s'interroge sur la nature réelle de l'épouvante, ne serait-elle que l'imagination du romancier ? C'est d'ailleurs une interrogation qui est posée par l'adjoint du shérif.
Toujours est-il que le contexte aidant, il aide grandement à la crédibilité de ce qui serait le fantastique. On assiste plus seulement aux crises d'adolescence du premier fantôme venu. Non, ces « activités » ont un sens, ce qui les rend d'autant plus angoissantes. Là, le film arrive à ancrer les phénomènes dans une logique, et ainsi à imprégner pour aisément le spectateur.

J'ai aussi apprécié le fait que le réalisateur n'ait pas choisi la facilité en « lançant » des images crues à l’œil du spectateur. Non, elles sont censurées par la sensibilité du protagoniste. On les assimile à ça manière, avec un regard à la fois effrayé et dégoûté. Et finalement, l'impact n'en est que plus fort, car une nouvelle fois, il apporte de la crédibilité à l'ensemble.

Alors, non, le film n'est pas d'une originalité absolue, mais il s'en tire bien mieux que les deux autres que j'ai cités. Il pose sans doute plus de sérieux, et surtout un protagoniste véritablement intéressant. Il a aussi l'intelligence de ne pas tomber dans les clichés les plus communs.

En revanche, si j'avais une critique à formuler, ce serait que le film a tendance à suivre une certaine inertie dans son déroulement. On n'a pas de montée en puissance à la fin du film. Le climat d'angoisse atteint relativement vite son apogée, pour la conserver jusqu'à la fin. Le résultat est un final qui n'a pas nécessairement l'impact psychologique qu'il aurait pu avoir, amené d'une autre manière. Mais créer une tension pendant autant de temps est déjà une franche réussite, alors...

vendredi 4 décembre 2015

Le Marathon Horrifique (12)

The Descent (2005)
de Neil Marshall.

La première chose qui vient à l'esprit est : « C'est quand même plutôt joli ». On a un sacré boulot de réalisation, tant dans le jeu des contrastes, entre ce noir profond et les lumières colorées vives, qui se répondent, qu'au niveau des cadres.
On sent que le réel héros du film est cette caverne, qui systématiquement écrase des protagonistes décidément trop arrogantes. On remarquera que du cadre, rarement n'est utilisé plus de la moitié, comme si les personnages tentaient de se frayer un chemin dans l'image. De plus, Marshall aura tendance à vouloir rompre les repères spatiaux du spectateur en jouant sur les angles, les modifiants violemment à la volée. Où est l'horizontale... La verticale ?
Quant aux couleurs, on joue certainement à la symbolique. Une (fausse) impression de calme lors des passages éclairés au néon vert, qui répondent aux scènes d'actions tournées en rouge. Ce qui donne une alternance très intéressante.

On pourrait croire que l'angoisse est ici traitée en deux temps, mais j'aime à penser que du début à la fin, le danger est unique : tout n'est que la résultante de ces six jeunes femmes qui comptaient braver la grotte.
Par principe, le contexte, et sans même présence du fantastique, est déjà particulièrement anxiogène. Des tunnels exigus, noirs et humides. Un gouffre inexploré et inconnu dans le noir le plus complet. De quoi flanquer une fichue frousse, déjà. Sauf qu'en plus, celui-ci est habité...
À vrai dire, he ne suis même pas certain que ce fut nécessaire. L'hypothèse de base était déjà amplement suffisante, d'ailleurs les quelques trois premiers quarts d'heure avaient déjà réussi à installer une grande tension. Et comme je disais, finalement, même si elles se battent contre des prédateurs étranges, ça ne reste qu'une métaphore. En vérité, c'est bien et bel contre la grotte qu'elles luttent.


J'ai aimé que le réalisateur aille jusqu'au bout du délire, tout en posant une atmosphère tout aussi originale qu'angoissante. J'ai aussi beaucoup apprécié que les héroïnes ne soient pas uniquement des victimes en devenir. Non, elles étaient à même de se défendre, elles avaient la volonté de survivre. Pour conclure sur un profond désespoir. L'orgueil humain face à la nature et l'inconnu ?

Une expérience vraiment très sympa.

jeudi 3 décembre 2015

Le Marathon Horrifique (11)

de John Carpenter.

J'ai passé un excellent moment.
Il est amusant de trouver le professeur Grant (Sam Neill dans Jurassic Park) dans un rôle tout à fait différent. Ainsi que de revoir ce bon vieux Vigo des Carpates (Wilhelm von Homburg dans Ghostbusters 2).

Première chose déjà, contrairement à The Thing qui avait une certaine tendance à accuser le poids des années, ici cela se sent bien moins. Les marionnettes sont suffisamment rares et bien amenées pour qu'elles ne choquent que peu le jeune spectateur.
J'y ai trouvé un magnifique travail sur l'image ainsi que les quelques indices subtiles qu'elle renvoie. Des plans comme celui de la ruelle, où le jeune est passé à tabac par le flic, ou celui, tout à fait iconique de l'entrée dans la fameuse ville...

Le film est surtout, et peut-être avant tout, un hommage à la littérature d'angoisse et particulièrement celle de Monsieur Lovecraft. Particulièrement visible dans les thèmes abordés, dans l'imagerie horrifique, jusqu'au contexte spatio-temporel. Le film prend place dans une ville fictive de Nouvelle Angleterre, abandonnée, comme perdue dans le temps. Il se trouve que le romancier avait, de la même manière, imaginé sa légendaire Arkham, bourgade perdue de cette même région. Alors que Carpenter s'amuse à exposer sa propre version, il ne fait qu'émettre un énorme clin d’œil aux fans de Lovecraft.
La thématique même de l’œuvre est semblable, le personnage principal traité d'une façon similaire. Un « érudit » découvrant malgré lui un secret inavouable, une vérité si épouvantable qu'elle viendra ébranler ses convictions les plus profonde dans la logique pour finalement le faire sombrer dans la plus totale folie.
Et si par hasard, le spectateur n'avait toujours pas saisi le lien que Carpenter souhaitait établir, celui-ci se met à employer le style même de Lovecraft. John Trent (le protagoniste) décrit d'abord le style si particulier de l'auteur, en exprimant la tangibilité et la crédibilité de son texte... Puis celui-ci sera lu à deux reprises au cours du film. On y reconnaîtra parfaitement la « pâte » du Maitre.
Donc oui, un hommage...

Mais c'est aussi et plus simplement un excellent film, parfaitement maîtrisé, tant dans sa narration que dans sa réalisation.
Ne serait-ce que dans l'écriture de ses personnages. Si j'ai trouvé celui de John Trent parfait dans sa cohérence et sa crédibilité, c'est un détail comme l'interprétation du directeur de l'asile qui me le fait l'affirmer. Il est très difficile de créer de l'intérêt pour un personnage qui n’apparaît que quelques minutes. Et pourtant que ce soit celles du début ou celles de la fin... On sent qu'il aurait eu quelque chose à dire. Dans ces détails, on voit le souci de perfectionnement d'une œuvre.
Je n'ai absolument rien à redire en la manière qu'à trouvé Carpenter à instiller la démence dans son protagoniste. Contrairement à beaucoup de films, on sent la chose possible. Les choix de Trent sont plausibles, et je me suis surpris à anticiper ses réactions : j'aurais eu les mêmes ! Encore une fois, la cré-di-bi-li-té, je vous dis.


Puis la boucle se rejoint. Le psychanalyste du début sort de la chambre et adresse quelques mots au directeur qui lui répond : « Et vous, vous lisez Sutter Cane ? ». Je me suis dit que le film aurait pu s'arrêter là. La fin aurait été parfaite. D'ailleurs s'en est une, sans aucun doute. Sauf qu'il aura eu l'idée d'ajouter une toute dernière mise en abîme, plutôt adroite qui clôturera définitivement l'état de la santé mentale de notre ami... En plus de faire un nouveau clin d’œil au spectateur.


Donc oui. Chapeau, Mon-sieur Carpenter.

mercredi 2 décembre 2015

Le Marathon Horrifique (10)

Insidious (2010)
de James Wan.

Je ne sais pas où commencer. Quoique si, j'aimerais pousser un coup de gueule.
Monsieur Wan. Ce n'est pas que j'ai particulièrement de problèmes avec vos films, mais peut-être pourriez-vous arrêter de tourner exactement le même machin, non ?
Parce que sans rire. J'ai regardé le film, et je n'ai cessé de me dire « mais c'est pareil que The Conjuring en fait ! ». Eh, quelle n'est pas ma surprise quand je découvre que c'est du même réalisateur ! Hohoho !
Bon, en vérité, c'est plutôt l'inverse car celui-ci est sorti avant l'autre. Mais tout ça importe peu. Le problème étant que TOUT y est déjà vu. La même famille américaine, blanche, de « bon genre ». La même maison, la même médium âgée, au côté, sympathique, de confiance, les mêmes tarés typés geek, accro aux gadgets anti-fantômes. Même dans les situations proposées, on retrouve les mêmes clichés : la mère paraît hystérique et paranoïaque, tandis que le père lui est plutôt cartésien.
Voilà un premier constat qui m'ennuie énormément.

Venons-en au film en lui-même.
Bam, un générique avec le titre et sa police chopée sur dafont, toute rouge vilaine pas belle avec la musique qui fait peur yo. Ouh. J'ai lancé le machin depuis 10sec et ça sent déjà le sapin.
Bref.
S'en suit, comme je le disais, une introduction présentant la famille américaine typique, dans sa maison typique, à la structure typique et son escalier typique, vers ses chambres typiques. Vous aurez compris le truc. A ce stade, je me mange une bonne vague de lassitude dans la tronche.
Puis, le film se déroule... J'attends patiemment l’événement perturbateur. Je vérifie depuis combien de temps je regarde le film : 30 minutes, sur un total d'une heure 37. Mouais. J'attends encore un peu, et paf, il se passe un truc ! Je mets le film en pause et jette un œil à l'heure (véridique) : 44min30 ! Et vous savez quoi. Ça dure 30 secondes. Après quoi ils te sortent un blabla aussi abscons qu'inintéressant qui nous prend 20 minutes supplémentaires. Du film, je retiendrais 30 minutes d'action. Sans rire, je suis sûr que le machin aurait pu passer sur un format série sans que l'on en perde de trop.

Concernant l'horreur elle-même. Je ne peux pas dire si c'est moi ou quoi, mais meh. Deux choses qui ont fait que j'ai totalement dévié de ma trajectoire d'orbite.
1. Bon sang, cette gestion du son. C'est quelque chose que j'avais reproché au premier Evil Dead déjà... Mais le truc date de 81 ! Comment, en 2010, peut-on encore faire cet emploi du son ? Les accords dissonants pour tenter de faire comprendre aux gens qu'un machin est sensé faire peur, vraiment ? Ça me fait penser à ces vieilles sitcoms qui te lancent des rires enregistrés sur les « blagues ». Je le ressens exactement de la même manière.
2. J'ai l'impression qu'il y avait un cahier des charges des trucs creepy à nécessairement intégrer au film. Je fais imagé :
  • Portes qui s'ouvrent toutes seules ? Check.
  • Grincements qui viennent de nulle-part ? Check.
  • Le coup du machin caché derrière la porte, mais qu'en fait y'a rien ? Check.
  • Le bidule qui se balance sans qu'il n'y ait personne ? Check.
  • La trace de main ensanglantée ? Check.
  • Les fantômes qui font un sourire creepy ? Check.

Sans rire... On pourrait énumérer tous les clichés du cinéma d'horreur sans aucune difficulté. La résultante ? Le film est impersonnel, car d'une part, il ne fait qu'accumuler des situations vues et revues, et d'autre part, beh lui n'y ajoute rien, comme s'il refusait d'y apporter sa touche. Et, peut-être surtout... Ces événements sont hors sujets ! Sincèrement. Vous pouvez m'expliquer le pourquoi de la tâche en forme de main ? Le démon mangeait de la confiture à la fraise et s'est appuyé sur le lit du gosse ? Y'a aucune espèce de cohérence là. On aurait dit que le réal' souhaitait créer un climat d'angoisse, mais comme il ne savait pas bien comment s'y prendre, il avait pioché au hasard dans ce qui fait habituellement flipper les gens.

Et tout ça, quelque part c'est dommage. L'idée de base aurait pu être intéressante... Mais elle est mal et sous-exploitée. 
On a un vilain gros démon, qui est plutôt chouette quand il fait son apparition (les fameuses 44min30, là). On en tire la seule scène un peu originale du film alors que l'on voit son antre. Mais au final, le final ne sert rigoureusement à rien du tout.
L'idée du gosse hanté (c'est moyen un spoil puisque c'est écrit sur l'affiche), était sympa... Sauf que non, le film met tant de temps à se lancer qu'au final, beh, y'en a plus et qu'on doit foncer à sa résolution.
Au final, j'ai quelques difficultés à comprendre. James Wan est familier du genre, mais là, vraiment, j'ai l'impression qu'il ne savait pas où aller. Et du coup, moi, je n'ai pas réussi à m'y ancrer.

mardi 1 décembre 2015

Le Marathon Horrifique (9)

Evil Dead 2 (1987)
de Sam Raimi.

Une semaine tout juste après avoir vu le premier, j'ai lancé le second. Et le moins que je puisse dire, c'est que je ne suis pas déçu.

Au passage, je m'interroge quant à l'emploi du "2", le film ayant plus du remake que de la suite... Même s'il est vrai qu'il apporte, aussi, un "après".
Mais c'est surtout une relecture où le second degré est cette fois élevé en étendard. Là où dans le premier, j'ai eu l'impression que Sam Raimi était le cul entre deux chaises. Ici, on lorgne ouvertement vers la comédie. Le mélange du genre est pourtant assez casse-gueule. Mais ça a parfaitement fonctionné chez moi.

Bruce Campbell, l'acteur qui a le rôle d'Ash est proprement généralissime. La scène où il se met à rire comme un dément, bon sang, est fantastique.
Le film me semble bien plus original que son grand frère dans les situations (ainsi que leurs résolutions) qu'il propose. Il y a tout un paquet de choses que j'ai aimé. Mais je ne préfère pas en premier, pour ne pas spoiler.

Amusant, aussi, de noter toutes les références au premier dans ce "second épisode". La fin du précédent est presque le début de celui-ci.
D'ailleurs il est intéressant de noter qu'il remplit les rôles de remake, préquel et suite, à la fois. Tout en ayant une durée similaire à Evil Dead 1. Il en découle un film plutôt denses, où s'enchaînent les séquences à la fois creepy et débiles (dans le bon sens du terme).

Là où le premier m'avait laissé une impression mitigée, accentué par son aspect désuet, celui-ci m'a séduit. C'est un peu un pêché mignon. Parce qu'évidemment, il ne plaira pas à tout le monde ("Mais qu'est-ce que tu regardes comme merde?!"), mais bordel. Quel délire !