vendredi 4 décembre 2015

Le Marathon Horrifique (12)

The Descent (2005)
de Neil Marshall.

La première chose qui vient à l'esprit est : « C'est quand même plutôt joli ». On a un sacré boulot de réalisation, tant dans le jeu des contrastes, entre ce noir profond et les lumières colorées vives, qui se répondent, qu'au niveau des cadres.
On sent que le réel héros du film est cette caverne, qui systématiquement écrase des protagonistes décidément trop arrogantes. On remarquera que du cadre, rarement n'est utilisé plus de la moitié, comme si les personnages tentaient de se frayer un chemin dans l'image. De plus, Marshall aura tendance à vouloir rompre les repères spatiaux du spectateur en jouant sur les angles, les modifiants violemment à la volée. Où est l'horizontale... La verticale ?
Quant aux couleurs, on joue certainement à la symbolique. Une (fausse) impression de calme lors des passages éclairés au néon vert, qui répondent aux scènes d'actions tournées en rouge. Ce qui donne une alternance très intéressante.

On pourrait croire que l'angoisse est ici traitée en deux temps, mais j'aime à penser que du début à la fin, le danger est unique : tout n'est que la résultante de ces six jeunes femmes qui comptaient braver la grotte.
Par principe, le contexte, et sans même présence du fantastique, est déjà particulièrement anxiogène. Des tunnels exigus, noirs et humides. Un gouffre inexploré et inconnu dans le noir le plus complet. De quoi flanquer une fichue frousse, déjà. Sauf qu'en plus, celui-ci est habité...
À vrai dire, he ne suis même pas certain que ce fut nécessaire. L'hypothèse de base était déjà amplement suffisante, d'ailleurs les quelques trois premiers quarts d'heure avaient déjà réussi à installer une grande tension. Et comme je disais, finalement, même si elles se battent contre des prédateurs étranges, ça ne reste qu'une métaphore. En vérité, c'est bien et bel contre la grotte qu'elles luttent.


J'ai aimé que le réalisateur aille jusqu'au bout du délire, tout en posant une atmosphère tout aussi originale qu'angoissante. J'ai aussi beaucoup apprécié que les héroïnes ne soient pas uniquement des victimes en devenir. Non, elles étaient à même de se défendre, elles avaient la volonté de survivre. Pour conclure sur un profond désespoir. L'orgueil humain face à la nature et l'inconnu ?

Une expérience vraiment très sympa.

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