The Descent (2005)
de Neil Marshall.
La première chose qui vient à
l'esprit est : « C'est quand même plutôt joli ».
On a un sacré boulot de réalisation, tant dans le jeu des
contrastes, entre ce noir profond et les lumières colorées vives,
qui se répondent, qu'au niveau des cadres.
On sent que le réel héros du film est
cette caverne, qui systématiquement écrase des protagonistes
décidément trop arrogantes. On remarquera que du cadre, rarement
n'est utilisé plus de la moitié, comme si les personnages tentaient
de se frayer un chemin dans l'image. De plus, Marshall aura tendance
à vouloir rompre les repères spatiaux du spectateur en jouant sur
les angles, les modifiants violemment à la volée. Où est
l'horizontale... La verticale ?
Quant aux couleurs, on joue
certainement à la symbolique. Une (fausse) impression de calme lors
des passages éclairés au néon vert, qui répondent aux scènes
d'actions tournées en rouge. Ce qui donne une alternance très
intéressante.
On pourrait croire que l'angoisse est
ici traitée en deux temps, mais j'aime à penser que du début à la
fin, le danger est unique : tout n'est que la résultante de ces
six jeunes femmes qui comptaient braver la grotte.
Par principe, le contexte, et sans même
présence du fantastique, est déjà particulièrement anxiogène.
Des tunnels exigus, noirs et humides. Un gouffre inexploré et
inconnu dans le noir le plus complet. De quoi flanquer une fichue
frousse, déjà. Sauf qu'en plus, celui-ci est habité...
À vrai dire, he ne suis même pas
certain que ce fut nécessaire. L'hypothèse de base était déjà
amplement suffisante, d'ailleurs les quelques trois premiers quarts
d'heure avaient déjà réussi à installer une grande tension. Et
comme je disais, finalement, même si elles se battent contre des
prédateurs étranges, ça ne reste qu'une métaphore. En vérité,
c'est bien et bel contre la grotte qu'elles luttent.
J'ai aimé que le réalisateur aille
jusqu'au bout du délire, tout en posant une atmosphère tout aussi
originale qu'angoissante. J'ai aussi beaucoup apprécié que les
héroïnes ne soient pas uniquement des victimes en devenir. Non,
elles étaient à même de se défendre, elles avaient la volonté de
survivre. Pour conclure sur un profond désespoir. L'orgueil humain
face à la nature et l'inconnu ?
Une expérience vraiment très sympa.
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