de Jaume Collet-Serra.
Tout d'abord, il me semble tient plus du thriller que du film de genre de l'horreur. Même s'il reprend quelques uns des codes, comme l'emploi d'effets sonores et de gestion de plan de manière à engendrer une tension.
Le film est plutôt sympa dans l'ensemble. Les personnages remplissent leur rôle et Esther est pas mal jouée du tout.
J'ai eu en revanche deux petites difficultés avec.
Premièrement, c'est sa longueur. Je ne suis pas convaincu que les deux heures de films soient indispensables. Et de fait, elles engendrent quelques problèmes dans l'histoire. Là c'est compliqué sans lancer de spoilers trop violents. Disons simplement que certains événements auraient dû mettre bien plus vite la puce à l'oreille (ainsi que des incohérences. Le bras cassé par exemple. Les médecins auraient dû voir à la forme de l’ecchymose que la version ne collait pas). Surtout que, malheureusement pour moi, j'avais deviné, ce qui devait être LA révélation, dans la première demi-heure du film.
Et ça engendre pour moi aussi des défauts dans l'écriture du personnage du père. Soit le type est profondément bon, qu'il voit le positif partout autour de lui et qu'il exclue par principe le reste... Soit il est un peu neuneu sur les bords. D'accord, la vérité est compliquée à entendre. Mais deux choses sont tout de même importantes :
- En un mois (je suppose que c'est la plage de temps du film), il se passe tout de même un sacré nombre de merdes... Qui coïncident étrangement avec l'arrivée d'Esther.
- Esther est... Adoptée. Bon, c'est pas cool à dire comme ça. Mais pensez-vous vraiment que qui que ce soit pourrait faire à ce point confiance à un "nouveau membre" de sa famille? Bien plus qu'en sa propre femme?
Et donc, deuxièmement, ça m'amène au second point : la structure du film. Qui à mon sens n'est pas optimale, puisque l'on part du postulat qu'Esther est une pourriture. Postulat qui est prouvé dès le début du film et tout du long. Le problème c'est que de fait, on ne peut pas comprendre le raisonnement du père... Puis le démantèlement progressif de la famille.
Alors, selon moi, il aurait fallu prendre un angle de lecture différent. Montrer ce que lui voyait, et non ce qu'Esther est. Il aurait fallu instiguer le doute chez le spectateur. Qu'on pense la mère totalement paranoïaque, avant de se rendre compte que depuis le début, elle avait raison ! On aurait eu un changement de perspective bien plus intéressant, je pense.
Dans tous les cas, s'il est imparfait (comme toute chose), je l'ai trouvé tout à fait sympathique.
Et ouais, Isabelle Fuhrman joue très bien la gamine psycho. 'Puis bordel. J'sais pas vous, mais les gosses tarées, ça arrive bien à me foutre mal à l'aise. Saleté de visage d'ange.
