Sinister (2012)
de Scott Derrickson.
On y a une hypothèse de départ assez
similaire à bon nombre de films : un couple, avec de jeunes
enfants, emménage dans une maison ayant un certain passif. Quatre
personnes d'une famille pendues à une même branche d'arbre. Bof la
routine aux US quoi.
Vous pensez que je vais encore vous
faire le coup de la vile lassitude ? Que nenni ! Pour la
simplement et bonne raison que cette fois, tout est expliqué, et le
pourquoi de la situation est non seulement crédible, mais aussi très
intéressant... La chose a été décidée par le père, celui-ci en
était parfaitement au courant. Il souhaite s’imprégner du lieu
pour écrire sur cette abominable histoire.
L'écriture de ce personnage est
certainement le principal atout du film. Un homme qui, des années
auparavant, fut mis sur le devant de la scène grâce à son unique
bestseller... Mais qui n'a jamais pu rebondir. Il vit depuis dans le
regret de cette époque dont il visionne régulièrement les moments
de gloire.
On suivra petit à petit sa descente
vers la profonde terreur, alors qu'il recueille toujours davantage
d'informations sur les meurtres sordides dont il souhaite se servir
pour écrire son nouveau succès commercial.
L'autre force du film repose sur ce
dont j'avais déjà parlé lors de mon retour sur The Conjuring et
Insidious : le support de l'angoisse, le contexte. Si
l'introduction est classique, au moins le film sait gérer sa
progression vers l'horreur... Elle est amenée insidieusement, comme
s'infiltre la peur dans le crâne du protagoniste. Si bien que tout
du long, on s'interroge sur la nature réelle de l'épouvante, ne
serait-elle que l'imagination du romancier ? C'est d'ailleurs
une interrogation qui est posée par l'adjoint du shérif.
Toujours est-il que le contexte aidant,
il aide grandement à la crédibilité de ce qui serait le
fantastique. On assiste plus seulement aux crises d'adolescence du
premier fantôme venu. Non, ces « activités » ont un
sens, ce qui les rend d'autant plus angoissantes. Là, le film arrive
à ancrer les phénomènes dans une logique, et ainsi à imprégner
pour aisément le spectateur.
J'ai aussi apprécié le fait que le
réalisateur n'ait pas choisi la facilité en « lançant »
des images crues à l’œil du spectateur. Non, elles sont censurées
par la sensibilité du protagoniste. On les assimile à ça manière,
avec un regard à la fois effrayé et dégoûté. Et finalement,
l'impact n'en est que plus fort, car une nouvelle fois, il apporte de
la crédibilité à l'ensemble.
Alors, non, le film n'est pas d'une
originalité absolue, mais il s'en tire bien mieux que les deux
autres que j'ai cités. Il pose sans doute plus de sérieux, et
surtout un protagoniste véritablement intéressant. Il a aussi
l'intelligence de ne pas tomber dans les clichés les plus communs.
En revanche, si j'avais une critique à
formuler, ce serait que le film a tendance à suivre une certaine
inertie dans son déroulement. On n'a pas de montée en puissance à
la fin du film. Le climat d'angoisse atteint relativement vite son
apogée, pour la conserver jusqu'à la fin. Le résultat est un final
qui n'a pas nécessairement l'impact psychologique qu'il aurait pu
avoir, amené d'une autre manière. Mais créer une tension pendant
autant de temps est déjà une franche réussite, alors...
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