samedi 5 décembre 2015

Le Marathon Horrifique (13)

Sinister (2012)
de Scott Derrickson.

On y a une hypothèse de départ assez similaire à bon nombre de films : un couple, avec de jeunes enfants, emménage dans une maison ayant un certain passif. Quatre personnes d'une famille pendues à une même branche d'arbre. Bof la routine aux US quoi.
Vous pensez que je vais encore vous faire le coup de la vile lassitude ? Que nenni ! Pour la simplement et bonne raison que cette fois, tout est expliqué, et le pourquoi de la situation est non seulement crédible, mais aussi très intéressant... La chose a été décidée par le père, celui-ci en était parfaitement au courant. Il souhaite s’imprégner du lieu pour écrire sur cette abominable histoire.

L'écriture de ce personnage est certainement le principal atout du film. Un homme qui, des années auparavant, fut mis sur le devant de la scène grâce à son unique bestseller... Mais qui n'a jamais pu rebondir. Il vit depuis dans le regret de cette époque dont il visionne régulièrement les moments de gloire.
On suivra petit à petit sa descente vers la profonde terreur, alors qu'il recueille toujours davantage d'informations sur les meurtres sordides dont il souhaite se servir pour écrire son nouveau succès commercial.

L'autre force du film repose sur ce dont j'avais déjà parlé lors de mon retour sur The Conjuring et Insidious : le support de l'angoisse, le contexte. Si l'introduction est classique, au moins le film sait gérer sa progression vers l'horreur... Elle est amenée insidieusement, comme s'infiltre la peur dans le crâne du protagoniste. Si bien que tout du long, on s'interroge sur la nature réelle de l'épouvante, ne serait-elle que l'imagination du romancier ? C'est d'ailleurs une interrogation qui est posée par l'adjoint du shérif.
Toujours est-il que le contexte aidant, il aide grandement à la crédibilité de ce qui serait le fantastique. On assiste plus seulement aux crises d'adolescence du premier fantôme venu. Non, ces « activités » ont un sens, ce qui les rend d'autant plus angoissantes. Là, le film arrive à ancrer les phénomènes dans une logique, et ainsi à imprégner pour aisément le spectateur.

J'ai aussi apprécié le fait que le réalisateur n'ait pas choisi la facilité en « lançant » des images crues à l’œil du spectateur. Non, elles sont censurées par la sensibilité du protagoniste. On les assimile à ça manière, avec un regard à la fois effrayé et dégoûté. Et finalement, l'impact n'en est que plus fort, car une nouvelle fois, il apporte de la crédibilité à l'ensemble.

Alors, non, le film n'est pas d'une originalité absolue, mais il s'en tire bien mieux que les deux autres que j'ai cités. Il pose sans doute plus de sérieux, et surtout un protagoniste véritablement intéressant. Il a aussi l'intelligence de ne pas tomber dans les clichés les plus communs.

En revanche, si j'avais une critique à formuler, ce serait que le film a tendance à suivre une certaine inertie dans son déroulement. On n'a pas de montée en puissance à la fin du film. Le climat d'angoisse atteint relativement vite son apogée, pour la conserver jusqu'à la fin. Le résultat est un final qui n'a pas nécessairement l'impact psychologique qu'il aurait pu avoir, amené d'une autre manière. Mais créer une tension pendant autant de temps est déjà une franche réussite, alors...

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