vendredi 11 décembre 2015

Le Marathon Horrifique (19)

It Follows (2014)
de David Robert Mitchell.

Il y a quelques années, je me souviens d'un film, qui aurait pu être sous-titré « une métaphore à la subtilité toute relative ». Je m'étais fait cette réflexion après le visionnage de District 9 de Neill Blomkamp, qui posait une version alternative de l'apartheid. Ici, on aurait plutôt une analogie de ce qui serait les péripéties d'une bonne saleté de MST, sur fond découverte de la vie sexuelle chez de jeunes adultes.
Et si je dis « subtilité toute relative », c'est que l'on tombe parfois dans le docu' potentiellement diffusé dans les collèges, tant les situations peuvent être commodes, pour ne pas dire réductrices. Et soit-dit en passant, je trouve la morale assez dure à avaler. Le personnage principal apparaît comme non seulement insipide, mais surtout d'un égoïsme ainsi qu'une immoralité certains. Je passe même sur le pauv'gosse friendzoné depuis des lustres dont le seul objectif de motoculter la donzelle, l'a fait retomber au stade larvaire. La scène finale parvient à engendrer un malaise plus profond que l'intégralité du film, je ne suis pas convaincu que ç'ait été l'effet recherché, malheureusement.

En dehors d'une réflexion et moralité discutables, le film se veut d'horreur, tout de même... Auquel je reproche le sempiternel problème du pourquoi tout ceci ? Quelle est la signification du surnaturel. Quand celle-ci existe, elle est bâclée, comme dans Insidious ou The Conjuring, mais là, c'est encore pire : elle est purement inexistante. L'esprit ne semble avoir aucun objectif défini. Ni spécifiquement de personnalité ou de logique. Il suit inlassablement la dernière personne à avoir copulé avec la précédente. Comme ça.
Alors oui, dans le sens de la métaphore, quelque part, c'est à propos, car une maladie est, point. Elle vit, se développe, et voilà. Elle n'a pas de forme de pensée ou de réflexion, elle se propage, un point c'est point. Mais lorsque l'on personnifie une entité, pour s'arrêter à son apparence ? Quelle est l'intérêt de la personnification en ce cas ?
Je trouve le film totalement vain, en ce sens. Et je ne dis pas que la chose n'engendre pas de tension, car le postulat de départ, ma foi, pourquoi pas ! Sauf que. Il manque d'élément perturbateur dans la trame. Là, on reste dans l'inertie posée après la première relation sexuelle.

En bonus spécial, il y a quelques choix que j'ai du mal à comprendre :
  • Pourquoi ne pas avoir utilisé un peu plus ce Hugh ? Le fait que ce soit le gros salopard de l'histoire était intéressant, et ça aurait pu être un moteur pour entrevoir le pourquoi.
  • Deux personnages sont rigoureusement inutiles. La sœur et l'amie d'enfance. Elles ne servent à rien du tout, à aucun moment.
  • La séquence de la piscine est ridicule. Elle n'a aucune logique. Est amenée de façon, cliché, se résout de façon cliché (l'orage, vraiment?), et se paie le luxe d'être stupide. Vous n'avez vraiment pas à un seul instant pensé à la peinture les mecs ?

J'en vois un film à l'image de son héroïne. Insipide.
Ainsi qu'une métaphore qui n'a rien de brillant.

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