mercredi 2 décembre 2015

Le Marathon Horrifique (10)

Insidious (2010)
de James Wan.

Je ne sais pas où commencer. Quoique si, j'aimerais pousser un coup de gueule.
Monsieur Wan. Ce n'est pas que j'ai particulièrement de problèmes avec vos films, mais peut-être pourriez-vous arrêter de tourner exactement le même machin, non ?
Parce que sans rire. J'ai regardé le film, et je n'ai cessé de me dire « mais c'est pareil que The Conjuring en fait ! ». Eh, quelle n'est pas ma surprise quand je découvre que c'est du même réalisateur ! Hohoho !
Bon, en vérité, c'est plutôt l'inverse car celui-ci est sorti avant l'autre. Mais tout ça importe peu. Le problème étant que TOUT y est déjà vu. La même famille américaine, blanche, de « bon genre ». La même maison, la même médium âgée, au côté, sympathique, de confiance, les mêmes tarés typés geek, accro aux gadgets anti-fantômes. Même dans les situations proposées, on retrouve les mêmes clichés : la mère paraît hystérique et paranoïaque, tandis que le père lui est plutôt cartésien.
Voilà un premier constat qui m'ennuie énormément.

Venons-en au film en lui-même.
Bam, un générique avec le titre et sa police chopée sur dafont, toute rouge vilaine pas belle avec la musique qui fait peur yo. Ouh. J'ai lancé le machin depuis 10sec et ça sent déjà le sapin.
Bref.
S'en suit, comme je le disais, une introduction présentant la famille américaine typique, dans sa maison typique, à la structure typique et son escalier typique, vers ses chambres typiques. Vous aurez compris le truc. A ce stade, je me mange une bonne vague de lassitude dans la tronche.
Puis, le film se déroule... J'attends patiemment l’événement perturbateur. Je vérifie depuis combien de temps je regarde le film : 30 minutes, sur un total d'une heure 37. Mouais. J'attends encore un peu, et paf, il se passe un truc ! Je mets le film en pause et jette un œil à l'heure (véridique) : 44min30 ! Et vous savez quoi. Ça dure 30 secondes. Après quoi ils te sortent un blabla aussi abscons qu'inintéressant qui nous prend 20 minutes supplémentaires. Du film, je retiendrais 30 minutes d'action. Sans rire, je suis sûr que le machin aurait pu passer sur un format série sans que l'on en perde de trop.

Concernant l'horreur elle-même. Je ne peux pas dire si c'est moi ou quoi, mais meh. Deux choses qui ont fait que j'ai totalement dévié de ma trajectoire d'orbite.
1. Bon sang, cette gestion du son. C'est quelque chose que j'avais reproché au premier Evil Dead déjà... Mais le truc date de 81 ! Comment, en 2010, peut-on encore faire cet emploi du son ? Les accords dissonants pour tenter de faire comprendre aux gens qu'un machin est sensé faire peur, vraiment ? Ça me fait penser à ces vieilles sitcoms qui te lancent des rires enregistrés sur les « blagues ». Je le ressens exactement de la même manière.
2. J'ai l'impression qu'il y avait un cahier des charges des trucs creepy à nécessairement intégrer au film. Je fais imagé :
  • Portes qui s'ouvrent toutes seules ? Check.
  • Grincements qui viennent de nulle-part ? Check.
  • Le coup du machin caché derrière la porte, mais qu'en fait y'a rien ? Check.
  • Le bidule qui se balance sans qu'il n'y ait personne ? Check.
  • La trace de main ensanglantée ? Check.
  • Les fantômes qui font un sourire creepy ? Check.

Sans rire... On pourrait énumérer tous les clichés du cinéma d'horreur sans aucune difficulté. La résultante ? Le film est impersonnel, car d'une part, il ne fait qu'accumuler des situations vues et revues, et d'autre part, beh lui n'y ajoute rien, comme s'il refusait d'y apporter sa touche. Et, peut-être surtout... Ces événements sont hors sujets ! Sincèrement. Vous pouvez m'expliquer le pourquoi de la tâche en forme de main ? Le démon mangeait de la confiture à la fraise et s'est appuyé sur le lit du gosse ? Y'a aucune espèce de cohérence là. On aurait dit que le réal' souhaitait créer un climat d'angoisse, mais comme il ne savait pas bien comment s'y prendre, il avait pioché au hasard dans ce qui fait habituellement flipper les gens.

Et tout ça, quelque part c'est dommage. L'idée de base aurait pu être intéressante... Mais elle est mal et sous-exploitée. 
On a un vilain gros démon, qui est plutôt chouette quand il fait son apparition (les fameuses 44min30, là). On en tire la seule scène un peu originale du film alors que l'on voit son antre. Mais au final, le final ne sert rigoureusement à rien du tout.
L'idée du gosse hanté (c'est moyen un spoil puisque c'est écrit sur l'affiche), était sympa... Sauf que non, le film met tant de temps à se lancer qu'au final, beh, y'en a plus et qu'on doit foncer à sa résolution.
Au final, j'ai quelques difficultés à comprendre. James Wan est familier du genre, mais là, vraiment, j'ai l'impression qu'il ne savait pas où aller. Et du coup, moi, je n'ai pas réussi à m'y ancrer.

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