de John Carpenter.
Un film qui, à sa sortie, n'a pas eu
grand succès, et dont Carpenter serait déçu.
Vraiment ?! Mais pourquoi ?
J'avais déjà parlé, après
visionnage de l'Antre de la Folie, de l'intérêt que Carpenter
semblait susciter envers Lovecraft. Et bien, c'était déjà plus que
lisible à l'époque. On retrouve cet aspect contemplatif que l'on
ressent à la lecture des nouvelles, de protagonistes qui n'ont aucun
prise sur les événements dont ils ne sont en réalité que témoins.
De l'impuissance de l'Homme face à des forces qui les dépassent.
Et, autre point, des descendants qui se retrouvent liés par le
destin aux actes de leurs aïeux. Qui devront en porter la
responsabilité, celle d'une vengeance irrépressible.
Ces points sont symbolisés par la
brume... Fascinante et terrifiante à la fois, qui flotte dans une
nuit autrement paisible. Il est vraiment intéressant de noter
comment Carpenter a posé cette curiosité pour le surnaturel. À
chaque instant, les protagonistes tentent de s'en approcher, tout en
la fuyant à la fois. Et cette opératrice de radio qui, séduite,
suivra sa progression jusqu'à oublier quel danger, elle-même court.
Le véritable héros est ce brouillard,
mystique, mis en scène de la plus belle des manières, dans une
ambiance sépulcrale, portée par une merveilleuse bande originale.
Une atmosphère angoissante et languissante qui met en évidence un
constant simple : la fuite est absurde que futile. L'Homme doit
payer sa dette.
Pour amener une fin, comme cotonneuse.
Alors que le soleil se lève et que les survivants prennent
conscience de fragilité. De leur méconnaissance de sorts qu'ils
préfèrent ne pas comprendre.
Il s'agit d'un film qui illustre
parfaitement l'importance de créer un contexte pour ancrer le
surnaturel dans l'imaginaire du spectateur. Le but n'est non pas
d'expliquer, au contraire, il faut faire demeurer le mystère, mais
de les impliquer émotionnellement. Ce que réussit parfaitement The
Fog.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire