mercredi 9 décembre 2015

Le Marathon Horrifique (17)

FogThe Fog (1980)
de John Carpenter.

Un film qui, à sa sortie, n'a pas eu grand succès, et dont Carpenter serait déçu.
Vraiment ?! Mais pourquoi ?

J'avais déjà parlé, après visionnage de l'Antre de la Folie, de l'intérêt que Carpenter semblait susciter envers Lovecraft. Et bien, c'était déjà plus que lisible à l'époque. On retrouve cet aspect contemplatif que l'on ressent à la lecture des nouvelles, de protagonistes qui n'ont aucun prise sur les événements dont ils ne sont en réalité que témoins. De l'impuissance de l'Homme face à des forces qui les dépassent. Et, autre point, des descendants qui se retrouvent liés par le destin aux actes de leurs aïeux. Qui devront en porter la responsabilité, celle d'une vengeance irrépressible.

Ces points sont symbolisés par la brume... Fascinante et terrifiante à la fois, qui flotte dans une nuit autrement paisible. Il est vraiment intéressant de noter comment Carpenter a posé cette curiosité pour le surnaturel. À chaque instant, les protagonistes tentent de s'en approcher, tout en la fuyant à la fois. Et cette opératrice de radio qui, séduite, suivra sa progression jusqu'à oublier quel danger, elle-même court.
Le véritable héros est ce brouillard, mystique, mis en scène de la plus belle des manières, dans une ambiance sépulcrale, portée par une merveilleuse bande originale. Une atmosphère angoissante et languissante qui met en évidence un constant simple : la fuite est absurde que futile. L'Homme doit payer sa dette.
Pour amener une fin, comme cotonneuse. Alors que le soleil se lève et que les survivants prennent conscience de fragilité. De leur méconnaissance de sorts qu'ils préfèrent ne pas comprendre.


Il s'agit d'un film qui illustre parfaitement l'importance de créer un contexte pour ancrer le surnaturel dans l'imaginaire du spectateur. Le but n'est non pas d'expliquer, au contraire, il faut faire demeurer le mystère, mais de les impliquer émotionnellement. Ce que réussit parfaitement The Fog.

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