dimanche 16 avril 2017

Un peu d'Anime - Ghost in the Shell : Arise

La Saga Arise (2013-2015)
Studio IG

Parler de Ghost in the Shell, c'est paradoxalement, vis-à-vis du propos de l'univers, évoquer la passion. Car invariablement, les fans, mot, je le rappelle, dérivé de « fanatique », viendront à juger tout ce qui touche cette sphère comprenant manga, film et anime, avec la plus grande des passions. Et le problème avec la passion, c'est qu'elle altère sans commune mesure, toute forme d'objectivité. C'est aussi pourquoi, c'est en toute subjectivité, quelque part, que je parlerai de mon ressenti, non plus sur le film Ghost in the Shell qui vient de sortir au cinéma, mais sur l'ensemble d'animation « Arise », que je n'ai fini qu'il y a une semaine. Je parle de cinq courts-métrages de 45 minutes ainsi que du film servant de conclusion, faisant lui 120 minutes.

Arise, c'est un retour des studios d'animation IG sur la franchise, quelque dix ans après la fin de Stand Alone Complex, qui a été largement apprécié. Pour ce faire, ils ont choisi la forme de ce qui pourrait s'apparenter à un « reboot ». Une trame prenant place avant la formation de l'équipe que l'on connaît, menée par une Motoko plus jeune, vêtue d'une combinaison de cuir rouge, même coupe de cheveux, mais une couleur bleue très vive : un character design assez différent, qui a été globalement peu apprécié par les fans. Ça n'engage que moi, mais, je le trouve très réussi. Il est à la fois sobre et a beaucoup de charme.
Toujours est-il que c'était important de le noter, car les premières images ont fait couler beaucoup d'encre, IG aurait saboté le personnage du Major. C'était presque injurieux d'y toucher à ce point. « Fanatiques », hein. C'est dans cette optique d'ondes négatives que j'ai regardé Ghost in the Shell : Arise.


Et je dois dire que j'ai été plutôt agréablement surpris. D'autant plus surpris à vrai dire que cette nouvelle version n'a donc pas extrêmement bonne réputation. Chose qu'à posteriori, j'ai quelques difficultés à comprendre.

Tout d'abord, et c'est la chose la plus évidente, Arise est splendide. Il y a une vraie recherche dans la mise en scène ainsi que dans la colorimétrie, notamment dans le rouge et son contraste avec le bleu des cheveux du Major. Si on y fait un peu attention, ça devient très net. Vraiment, c'est beau. Ensuite c'est aussi très bien animé, les séquences d'action y sont à la fois très fluides et lisibles. Le choc des impacts et la puissance cybernétique y est parfaitement rendue, dès la première scène de l'exhumation du cercueil. Rien à en redire, c'est juste très beau.
J'émettrais en revanche un point négatif pour ce qui est de la bande originale. Kenji Kawai pour le film et Yoko Tanno pour Stand Alone Complex y avaient fait un travail incroyable en apportant des thèmes très différents, mais aussi intéressants. Je suis bien moins convenu pour Arise. J'ai trouvé le travail de Cornelius plus fade et répétitif. Bien moins convainquant.


S'agissant des thématiques abordées, on retrouve des questions assez semblables à la culture Cyberpunk, à savoir le gouffre accru entre les classes sociales, la corruption, ainsi que bien entendu, toutes les interrogations liées à la cyborguisation et au transhumanisme. Mais ici Arise prend une illustration légèrement alternative, offrant un peu de fraîcheur à la franchise. Parce qu'après tout, il n'y avait plus nécessairement énormément à dire... L'anime choisira donc de se concentrer sur le développement personnel de Motoko ainsi que sur la formation de son unité d'élite, pour se conclure de façon maligne. Il offre des solutions complémentaires sur le choix de Motoko quant à son rapport au Marionettiste, ce qui fait d'Arise une préquelle assez intelligente, même dans les plus petits détails, la transition vers un uniforme différent, par exemple.

Dans sa globalité Arise est effectivement malin. Cependant, et la contrepartie et que certains épisodes souffrent d'un rythme trop soutenu, la faute à un format de 45 minutes qui auraient parfois dû déborder de 15-20 autres. Parce forcé d'admettre qu'à force d'agents doubles, de conspirations, de perceptions hackées, il aurait été bon de poser quelques repos... Et là tout peut s'enchaîner très, trop, rapidement. Léger vertige, hein !

Mais franchement, ce serait le seul reproche majeur que je lui ferai, car autrement, j'ai passé un très bon moment... Et surtout un moment rafraîchissant ! Car la plus grande peur que je pouvais avoir été que tout avait déjà été dit sur Ghost in the Shell, je connais déjà si bien le Major, que pouvais-je apprendre de plus ?
Et je trouve qu'il s'agit de la plus grande réussite d'Arise : apporter un peu de fraîcheur à une franchise qui aurait pu avoir tendance à tourner en rond autrement. De manière à donner un sens à cette nouvelle « saison ». Mais d'un autre côté, c'est certainement aussi ce qui fait qu'elle est si controversée. Toujours cette dichotomie entre la volonté d'obtenir quelque chose de nouveau, mais sans que ce que l'on a aimé soit différent de ce pourquoi on l'a aimé. À titre personnel, un Stand Alone Complex 2.0 n'aurait eu aucun intérêt. Le remake / reboot pour le remake / reboot est assez vide de sens. Ce qui vous donne un aperçu de mon ressenti sur le film américain, soit dit en passant.

Enfin... Vous avez mon ressenti sur Arise, j'ai beaucoup aimé, c'est un complément très intéressant à ce que j'ai déjà apprécié. Mon interrogation ira pour ceux qui ne sont pas familier à la franchise. Ils risquent d'être mis de côté, peu de choses sont expliquées et tout va très vite, bien évidemment les liens posés ici et là, de façon subtile, seront totalement opaques aux étrangers de la franchise. Si vous ne connaissez pas Ghost in the Shell, je vous conseillerais de passer par Stand Alone Complex, puis par le premier et second film avant de conclure avec Arise.


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