lundi 17 avril 2017

Un peu d'Série : 3% - Netflix Original

3%
Série originale Netflix - Pedro Aguilera


Parfois, on est amené à se demander pour quelle raison ça n'a pas marché. Le potentiel était là, mais quelque part, ça n'a pas pris. En voilà une introduction sinistre, mais oui, c'est bien la meilleure réflexion de mon sentiment à la sortie du dernier épisode de 3%. Un concept aussi fort qu'intéressant, mais pourtant enchaîné au sol par une écriture superficielle voire incohérente.

Dans un futur proche, un couple de prophètes a trouvé une alternative à la dégénérescence de la société. Ils ont créé l' « Autre Rive », sorte de jardin d'Eden pour ceux qui le méritent. Havre miraculeux générateur d'un culte au sein des bidonvilles du bas-monde. Mais seuls 3% de la population peuvent prétendre accéder à ce paradis. Les 3% qui surpasseront les périls du Processus.
Voilà l'idée fondatrice de la série. Elle nous fera donc vivre l'étape « purificatrice » du Processus, sous le regard de candidats, mais aussi du responsable en chef.

Le premier rapport à la série est sa pâte artistique, ou son absence...? Oui, vraiment froide et sans âme. Oui, bien évidemment on comprend que les moyens ne sont pas ceux des méga-productions des chaînes comme HBO. Mais tout de même, il n'aurait pas été si difficile d'apporter un peu plus, quelque chose de personnel. Ne serait-ce que dans les costumes, la lumière, ou simplement quelques jeux de post-prod. Là, rien. C'est froid et banal.
Seulement, c'est véritablement le moindre des défauts. C'est bien l'extrême faiblesse de l'écriture générale qui m'a déçu. Entre des personnages qui restent catalogués à leur identité de base, et des situations d'une banalité déconcertant tournant au what the fuck le plus total en l'espace de trente secondes. Non, ça ne va pas.
Pour dire, la seule qui sortirait légèrement de la case dans laquelle les scénaristiques l'ont posé à la base, serait Joana. Sauf qu'elle est si détachée qu'elle n'a pratiquement aucune interaction avec les autres personnages. Difficile de créer de l'empathie pour elle.
De façon générale d'ailleurs, la série pose une moralité plutôt bizarre, qui aura tendance à perdre le spectateur. Entre cette première scène où une opératrice est bouleversée, car elle a peut-être été l'élément déclencheur d'un suicide, et le fait que tout au long de la série les morts et les tueries s'enchaînent sans que ça ne pose de problème à qui que ce soit, et notamment pas chez les candidats (?!). Euuuh... Il y a quelque chose de pourri dans cette histoire. Soit les héros ont une mémoire très sélective, soit les scénaristes se sont dit qu'après tout, merde à la cohérence. Mention particulière au petit premier de la classe qui en l'espace de dix minutes change totalement de personnalité pour devenir un tueur psychopathe.

Le plus fou, c'est que quelque part, encore une fois, ce n'est même pas le pire ! On était à même de s'attendre à des interrogations philosophiques sur l'éclatement de la société, sur la question de la valeur d'un Homme, ou ce type de choses. Sauf qu'en fait, eh bah non, rien, le vide. Ai-je été totalement hermétique à la série pour ne pas trouver le moindre début de double lecture ? Je ne sais pas. En tout cas, je me suis demandé où ils voulaient en venir... Pour finalement avoir été une nouvelle fois déçu par la scène finale entre Joana et le superviseur. Toujours cette moralité étrange, qui donne une forte amertume à la série. Le fait que celle-ci soit brésilienne et que la religion soit fermement encrée dans la société n'y est sans doute pas pour rien.

Donc voilà, j'aurais du mal à vous la conseiller. Juste décevante, à mon avis.

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