The Thing (2011)
de Matthijs van Heijningen
Même si je le connaissais de nom
depuis, toujours, je crois bien, je n'ai vu The Thing de Carpenter
que finalement assez récemment, il y a quelque chose comme deux ou
trois ans. Et, de suite, il m'a paru évident le pourquoi de sa
notoriété. Bien plus que sa créature, parfois assez grotesque,
voire ridicule, c'était la retranscription du climat de paranoïa
qui était le plus glaçant, dans un huit-clos à la fois mystérieux
et mystique qu'est l'Antarctique, cette contrée si chère à M.
Lovecraft, par exemple. Quand on sait l'amour de Carpenter pour cet
auteur, quelque part, il était logique qu'on s'y retrouve à un
moment ou à un autre. L'inconnu et le mystérieux est toujours
source d'idées et de peurs.
Toujours est-il qu'il s'agit là
du film de 2011. Celui-ci se veut « préquelle » de
l'histoire contée par Carpenter. En vérité, il s'apparente bien
plus à un remake... Car si effectivement, il recolle directement
avec le film des années 80, sa fin est le début immédiat de
l'autre, il suivra quasi plan par plan la structure scénaristique de
son aîné.
Là est mon problème majeur. Non, le
film n'est pas mauvais, il est tout à fait correct, sauf qu'il
n'apporte absolument rien au précédent. C'est assez caractéristique
de ce type de production finalement, à croire que les réalisateurs
ont tellement peur d'être lynchés par les fans de la première
heure, qu'ils n'osent plus prendre aucun risque. Ceci tend à deux
problèmes à mon sens :
Tout d'abord, je constate simplement
que ce qui est ici proposé l'a tout bêtement déjà été... Mais
souvent de manière plus subtile. Je prends pour exemple deux
éléments.
Le premier est l'utilisation de la
« chose ». Cette dernière, dans le film de Carpenter,
n’apparaît dans toute son horreur qu'alors qu'elle est démasquée
ou qu'elle s'apprête à faire une victime. Ceci accroît fortement
l'atmosphère paranoïaque tout au long du film, en plus de rendre le
comportement des personnages bien plus crédible. L'autre effet est
que ses apparitions sont d'autant plus impressionnantes, là où la
version de van Heijningen a cette tendance à la sur-démonstration...
Mais j'y reviendrai.
![]() |
| Bonjour, je suis l'héroïne qui tente d'être aussi badass que Kurt Russel, Mais j'galère un peu. |
Le second est la scène spécifique du
« test » qui est culte et gérée de manière plutôt
intelligente, imaginée après une simple observation. Ici, c'est
aussi le cas, sauf que d'une part le test est plus qu'imparfait.
D'autre part il n'a pas d'enjeu scénaristique, il ne génère aucun
élément à part entière, d'ailleurs, il est interrompu par autre
chose. Finalement, c'est presque comme si le scénariste avait été
forcé de poser cette scène à un moment du script, sans qu'elle
n'ait plus de propos. Plutôt dommage.
Ensuite, je dirais que ce qu'il fait de
plus, ou ce qu'il fait différemment, il le fait aussi avec moins de
subtilité, ou plus de maladresse.
Et oui, je retombe sur l'utilisation de
la « chose ». Ils font intervenir la découverte de la
manière la plus commune qui soit et plus que ça, on ne ressent
jamais véritablement le caractère tout à fait incroyablement de
cette découverte. Parce que non, le faire paraphraser par un
personnage n'est pas suffisant, je suis désolé.
Mais ce qui m'a posé le plus de
problème, c'est comme je le disais, cette tendance qu'ils ont eu à
sur-exploiter et surtout, sur-exposer la « chose ». Ce
qui engendre un double paradoxe. Parce que oui, elle est dégueulasse,
moche et tout ce que l'on veut. D'abord, c'est de la CGI immonde et
ensuite, bon sang, mais son design est grotesque au possible. A tel
point que ça en devient presque comique par moment... Yep, repensez
aux hentai-tencules les plus ridicules qui vous viennent à l'esprit,
ça vous donnera une idée de la trogne du machin. Non, quand vous
avez une créature, vous vous préservez d'en montrer trop. Il faut
laisser jouer l'imagination du spectateur, bien plus efficace.
J'ai tendance à trouver la réaction
des personnages bien plus naturelle dans le film de Carpenter, mais
c'est aussi lié au réalisateur lui-même qui a ce dont pour écrire
des « héros ordinaires »...
Surtout ce qu'il a bien mieux réussi,
c'est de créer une fin ouverte donnant une grande satisfaction. Là
ou celle-ci est des plus lambda. Et je passe d'ailleurs sur le
post-générique totalement gratuit et coupé de la trame qui ne sert
qu'à recoller les bandes avec le film de 82. C'est très très
maladroit.
J'en retire donc un film correct, mais
plutôt convenu. Sans doute trop timoré. Je ne sais pas.


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