mercredi 5 avril 2017

Un peu d'Cinéma - Horreur (1)

The Thing (2011)

de Matthijs van Heijningen



Même si je le connaissais de nom depuis, toujours, je crois bien, je n'ai vu The Thing de Carpenter que finalement assez récemment, il y a quelque chose comme deux ou trois ans. Et, de suite, il m'a paru évident le pourquoi de sa notoriété. Bien plus que sa créature, parfois assez grotesque, voire ridicule, c'était la retranscription du climat de paranoïa qui était le plus glaçant, dans un huit-clos à la fois mystérieux et mystique qu'est l'Antarctique, cette contrée si chère à M. Lovecraft, par exemple. Quand on sait l'amour de Carpenter pour cet auteur, quelque part, il était logique qu'on s'y retrouve à un moment ou à un autre. L'inconnu et le mystérieux est toujours source d'idées et de peurs.

Toujours est-il qu'il s'agit là du film de 2011. Celui-ci se veut « préquelle » de l'histoire contée par Carpenter. En vérité, il s'apparente bien plus à un remake... Car si effectivement, il recolle directement avec le film des années 80, sa fin est le début immédiat de l'autre, il suivra quasi plan par plan la structure scénaristique de son aîné.
Là est mon problème majeur. Non, le film n'est pas mauvais, il est tout à fait correct, sauf qu'il n'apporte absolument rien au précédent. C'est assez caractéristique de ce type de production finalement, à croire que les réalisateurs ont tellement peur d'être lynchés par les fans de la première heure, qu'ils n'osent plus prendre aucun risque. Ceci tend à deux problèmes à mon sens :

Tout d'abord, je constate simplement que ce qui est ici proposé l'a tout bêtement déjà été... Mais souvent de manière plus subtile. Je prends pour exemple deux éléments.

Le premier est l'utilisation de la « chose ». Cette dernière, dans le film de Carpenter, n’apparaît dans toute son horreur qu'alors qu'elle est démasquée ou qu'elle s'apprête à faire une victime. Ceci accroît fortement l'atmosphère paranoïaque tout au long du film, en plus de rendre le comportement des personnages bien plus crédible. L'autre effet est que ses apparitions sont d'autant plus impressionnantes, là où la version de van Heijningen a cette tendance à la sur-démonstration... Mais j'y reviendrai.
Bonjour, je suis l'héroïne qui tente
d'être aussi badass que Kurt Russel,
Mais j'galère un peu.
Le second est la scène spécifique du « test » qui est culte et gérée de manière plutôt intelligente, imaginée après une simple observation. Ici, c'est aussi le cas, sauf que d'une part le test est plus qu'imparfait. D'autre part il n'a pas d'enjeu scénaristique, il ne génère aucun élément à part entière, d'ailleurs, il est interrompu par autre chose. Finalement, c'est presque comme si le scénariste avait été forcé de poser cette scène à un moment du script, sans qu'elle n'ait plus de propos. Plutôt dommage.

Ensuite, je dirais que ce qu'il fait de plus, ou ce qu'il fait différemment, il le fait aussi avec moins de subtilité, ou plus de maladresse.
Et oui, je retombe sur l'utilisation de la « chose ». Ils font intervenir la découverte de la manière la plus commune qui soit et plus que ça, on ne ressent jamais véritablement le caractère tout à fait incroyablement de cette découverte. Parce que non, le faire paraphraser par un personnage n'est pas suffisant, je suis désolé.
Mais ce qui m'a posé le plus de problème, c'est comme je le disais, cette tendance qu'ils ont eu à sur-exploiter et surtout, sur-exposer la « chose ». Ce qui engendre un double paradoxe. Parce que oui, elle est dégueulasse, moche et tout ce que l'on veut. D'abord, c'est de la CGI immonde et ensuite, bon sang, mais son design est grotesque au possible. A tel point que ça en devient presque comique par moment... Yep, repensez aux hentai-tencules les plus ridicules qui vous viennent à l'esprit, ça vous donnera une idée de la trogne du machin. Non, quand vous avez une créature, vous vous préservez d'en montrer trop. Il faut laisser jouer l'imagination du spectateur, bien plus efficace.
J'ai tendance à trouver la réaction des personnages bien plus naturelle dans le film de Carpenter, mais c'est aussi lié au réalisateur lui-même qui a ce dont pour écrire des « héros ordinaires »...
Surtout ce qu'il a bien mieux réussi, c'est de créer une fin ouverte donnant une grande satisfaction. Là ou celle-ci est des plus lambda. Et je passe d'ailleurs sur le post-générique totalement gratuit et coupé de la trame qui ne sert qu'à recoller les bandes avec le film de 82. C'est très très maladroit.

J'en retire donc un film correct, mais plutôt convenu. Sans doute trop timoré. Je ne sais pas.

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